L'acouphène correspond à des bourdonnements ou des sifflements entendus dans une ou deux oreilles ou bien dans la tête en l'absence de toute source sonore dans le milieu environnant.
Les sons entendus peuvent être de différentes natures: des sons purs graves (bourdonnements), aigus (sifflements), continus ou pulsatiles etc... Cependant, les sons perçus par le sujet sont le plus souvent complexes et peuvent être apparentés par exemple à une sonnerie, un sifflement, un bruit de vapeur, de moteur, un grincement, un chant de cigale.
L'acouphène n'est pas à proprement parler une hallucination auditive. Il s'en distingue par le contenu rudimentaire des bruits entendus (sons purs ou bruits de bandes de fréquences plus ou moins larges dépourvues de sens) et par le fait que le patient est conscient qu'ils proviennent de son propre organisme.

Il résulte de la production d'un signal nerveux anormal à un quelconque niveau des voies auditives lequel, après traitement par ces dernières, est interprété comme un bruit lorsqu'il atteint le cortex auditif.

Vu qu'il n'y a pas de source externe de bruit, le son perçu est une hallucination auditive créée par une réorganisation au niveau du cortex suite à la perte d’acuité auditive dans la fréquence de l’acouphène. C'est pourquoi les victimes de l'acouphène évitent de trop en parler de peur de passer pour des hallucinés!
Les personnes qui en souffrent entendent un bruit fantôme produit par la partie du cerveau qui n'est pas stimulée par les bruits habituels aux fréquences qu’on n’entend plus, vu la perte d’acuité auditive dans la zone des fréquences de l’acouphène.
La théorie la plus reconnue sur l’origine des acouphènes est l’existence d’une lésion des cellules ciliées externes. Plus particulièrement, une altération des stéréocils attachés aux cellules ciliées externes induirait un découplement de la membrane tectoriale. Il en résulterait une hyperexcitabilité du nerf auditif du fait de la libération excessive de glutamate, lequel serait à l’origine des sons perçus. Un traumatisme sonore peut ainsi induire une lésion des CCI visible en microscopie électronique.